Les réactions d’hypersensibilité allergique et non allergique aux antipyrétiques, antalgiques non opiacés et AINS chez l’enfant

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Données épidémiologiques

Malgré une importante consommation des antalgiques non opiacés, antipyrétiques et AINS, la prévalence des réactions présumées “allergiques” à ces médicaments est relativement faible dans la population générale, et nettement plus faible chez les enfants que chez les adultes (≤ 0,3-2 %) [1-5].

Si les réactions présumées liées à une HS à ces médicaments sont rares, notamment chez l’enfant, chez qui elles résultent souvent de la fièvre, l’infection et l’inflammation ayant motivé le traitement, notamment lorsqu’il s’agit de réactions peu préoccupantes (urticaires/œdèmes sans gravité, exanthèmes maculopapuleux, éruptions mal étiquetées), elles viennent toutefois au second rang des présomptions d’HS médicamenteuse (25-30 %), après les anti-infectieux [6], les antalgiques, antipyrétiques et AINS étant une cause importante d’anaphylaxie médicamenteuse [7-9] et de toxidermies sévères [10, 11]. De plus, les bilans effectués chez les enfants rapportant des réactions de type allergique aux antalgiques non opiacés, antipyrétiques et AINS montrent qu’au moins 15-30 % des réactions rapportées sont réellement dues à une HS médicamenteuse, contre moins de 10-15 % des réactions aux anti-infectieux [3, 12]. Un diagnostic d’HS a été porté chez 35 % des nombreux enfants explorés dans notre service pour suspicion “d’allergie” aux antalgiques, antipyrétiques et AINS (non publié).

Aspects cliniques et physiopathologie

Chez l’enfant et l’adolescent, les réactions présumées liées à une HS aux antalgiques, antipyrétiques et AINS les plus fréquentes sont des réactions cutanées (urticaire et/ou œdème, du visage notamment) (fig. 1), puis des manifestations respiratoires (rhinite et/ou asthme), les réactions anaphylactiques graves et les toxidermies sévères étant rares même si, du fait des biais de sélection, ces dernières représentent un motif important de consultation dans les unités d’allergologie spécialisées [5].

Les antalgiques, antipyrétiques et AINS comportent une dizaine de familles chimiques différentes (tableau I). Il existe donc des réactions d’HS allergique, médiées par des IgE ou des lymphocytes T, spécifiques d’un ou plusieurs médicament(s) d’une même famille chimique,[...]

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À propos de l’auteur

Service de Pneumo-Allergologie pédiatrique Hôpital Necker-Enfants Malades, PARIS.